• Ce qui manque aux Grecs

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    La Grèce est en passe d'imploser. L'application des plans d'austérité est en train de volatiliser la société. Il est difficile à nos compatriotes de prendre la mesure des tensions imposées au peuple grec par une Troïka en apparence si censée et respectable.

    Mais quand la baisse des revenus atteint 50%, par suite de la réduction des salaires, des pensions, du chômage qui a plus que doublé et de la multiplication des taxes qui frappent les classes populaires, c'est souvent l'existence tout entière qui bascule. Le nombre de sans logis explose, parmi eux de plus en plus de membres des « classes moyennes » qui se pensaient épargnés. Les économies dans la santé signifient concrètement pour beaucoup l'impossibilité de se soigner, y compris pour des pathologies graves. Le nombre de suicides bat des records(+40%). Et en plus il faut subir l'humiliation de la mise sous tutelle des dirigeants politiques locaux à qui les institutions européennes réclament désormais des lettres par lesquelles ils s'engagent à bien leur obéir, abaissement qui les désigne à leur peuple comme de vulgaires fantoches.

    Le système politique exprime cet effondrement. Le fossé se creuse entre une représentation politique presqu'entièrement acquise à l'austérité, derrière un gouvernement d'union nationale allant des sociaux-démocrates à l'extrême-droite, et le peuple de la rue qui la rejette. Le système politique s'est d'abord protégé en se retranchant dans une forteresse. Puis il a commencé à se fissurer. Dimanche dernier, la crise a fini par passer les murs du Parlement et provoquer la scission des trois groupes parlementaires engagés dans les politiques austéritaires. Une vingtaine de députés de droite et autant de sociaux-démocrates ont rejeté le nouveau plan d'austérité. Ils ont été exclus dans la foulée. Les députés d'extrême-droite se sont divisés, leurs ministres quittant le gouvernement mais votant finalement oui à ce plan cruel. Pour l'heure la confusion domine et personne ne sait ni combien de temps cela durera ni quelle force émergera pour porter le refus majoritaire du joug néo-libéral.

    Car la Grèce souffre d'un mal qui empêche pour l'heure toute issue positive à la crise : la division de la gauche. L'affrontement féroce et quasi ininterrompu entre le vieux parti communiste grec, variété quasi unique en Europe par son sectarisme, et le parti de l'autre gauche non communiste, Synaspismos, empêche la gauche anti austérité d'apparaître comme une alternative crédible. C'est ce verrou politique qui fait que la situation est actuellement sans issue. Malgré les apparences immédiates, le problème des Grecs n'est pas d'abord économique. En Amérique Latine, des pays plus enfoncés encore dans la crise que ne l'est la Grèce se sont tirés d'affaire dès lors que de nouvelles forces politiques ont émergé sur les décombres de l'ancien système et ont permis de se débarrasser de l'oligarchie soumise au FMI. C'est la même chose ici en France. La réponse à la question « pouvons-nous faire autrement face à la crise » tient d'abord aux rapports de force politiques. Si la majorité du peuple français fait le choix du Front de Gauche plutôt que celui des partisans de l'austérité alors tout devient possible. C'est cette alternative que le Front de Gauche va porter sans relâche. Le 21 février prochain nous la défendrons à l'Assemblée contre le premier acte du traité Sarkozy, le 28 au Sénat. Le 18 mars ce sera dans la rue avec une grande marche pour la Sixième République. Et en avril, mai et juin prochain le peuple en décidera dans les urnes.

    François Delapierre


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