• Contre la tactique du salami, vive Mélenchon et Joly !

    La tactique du salami. C'est ainsi qu'on qualifiait la stratégie des régimes staliniens dans les Pays de l'Est au lendemain de la seconde guerre mondiale : on éliminait une tranche de l'opposition, sans que les autres protestent, puis une seconde, enfin une troisième, et à la fin, il ne restait que le parti unique.

     

    Cette stratégie est en route : c'est une personnalité se disant écologiste qui l'a enclenchée en déclarant qu'il préfererait voter Hollande qu'Eva Joly. Aujourd'hui, c'est cette dernière qu'on veut initimider, demain, ce sera sans doute un autre candidat, Jean-Luc Mélenchon, au contraire parce qu'il monte dans les sondages et qu'il menacerait la présence de Hollande au second tour. À chaque fois – que vous soyez trop bas, que vous soyez trop haut – c'est le discours sur le sacro-saint vote utile qui est invoqué.
    Mais osons le dire : c'est celui qui le dit qui y est.
    Le maillon faible de la gauche, ce n'est pas Eva Joly, c'est François Hollande. Parce qu'il n'a pas des propositions à la hauteur des enjeux économiques, écologiques et sociaux – un pédalo pour affronter la tempête. Parce que son absence de volonté d'affronter le capitalisme pour changer profondément la vie quotidienne des gens, redistribuer largement les pouvoirs et les richesses et  casser les discriminations systémiques sexistes, racistes de classes, ne lui permettent pas de remobiliser un électorat populaire qui a déserté les urnes à force d'être déçu par la gauche de gouvernement.
    Le vote utile, ce n'est pas en sa faveur. C'est en faveur d'Eva Joly ou Jean-Luc Mélenchon. Il n'y aura pas de victoire sur Sarkozy sans mobilisation des absentionistes, et ce sont seulement des candidats perçus comme plus sincères et apportant des réponses courageuses qui peuvent redonner envie aux absentionistes de se saisir de l'outil du vote pour changer leur vie. Il n'y aura pas de victoire utile de la gauche sans changement du rapport de force entre une gauche d'accompagnement et une gauche – et donc une écologie – de tranformation et d'invention.
    Aujourd'hui, sur des modes différents, et avec des vraies divergences, ces candidatures font que nous n'avons jamais autant entendu parler de révolution écologique ou de planification écologique. Pour la première fois dans l'histoire, grâce à eux, les idées écologistes dans une présidentielle sont créditées de plus de 10% des voix, soit le double du meilleur score réalisé par un écologiste à cette élection.
    Contrairement à ceux qui disent aujourd'hui qu'Eva Joly doit se retirer et tenteront sans doute le même chantage demain envers les électeurs de Jean-Luc Mélenchon pour qu'ils lui retirent leurs votes, disons : ce sont ces candidatures qui sont importantes, ni salamis, ni salmigondis, vive Mélenchon et Joly, vive l'écologie !


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