• Expression libre

    Comme des centaines de Martégaux, de Saint-Mitriens, de Port-de-Boucains j’ai marché hier dans les rues de Martigues. Réconforté par la multitude dans un moment de peine que la ruine de la pensée de certains êtres nous infligea. Mais contrarié, pourtant. Qu’il est bon de se dire que côte  à côte défilent celui qui croit au ciel et celui qui n’y croit guère, celui qui vote à droite et celui qui vote à gauche, sans que ni l’un ni l’autre n’ait besoin de savoir de quelles convictions, de quelle confession, de quelle spiritualité l’un et l’autre se réclament. Rassemblés pour honorer des héros, n’ayant ni dieu ni maître mais un attachement indéfectible à la République laïque. Celle de la Fraternité qui met à Egalité la Liberté de penser, d’écrire, de dessiner, de croire ou de ne pas croire, d’agir hors de toutes les tyrannies. Mais contrarié, pourtant. Moi, l’incroyant, le militant politique, j’étais venu me fondre dans une foule d’anonymes, sans étendard, ni bannière, avec pour seul drapeau en tête celui de notre République. Alors, messieurs et dames, représentants des cultes, qu’aviez-vous besoin d’une banderole pour montrer, mais à qui ? votre compassion envers ces indomptés lutteurs de la laïcité ? Alors, Monsieur le Maire et Député, était-il nécessaire de remercier tout particulièrement ces représentants des cultes et d’oublier ceux qui ne sacrifient à aucun culte ? Vous avez, en votre nom, appelé à cette démonstration de solidarité et de recueillement, et la foule, qui se pressait dignement jusqu’au parvis de l’Hôtel de ville, par une  manifestation concrète de l’union de femmes et d’ hommes de notre ville et des environs, a bellement et de façon émouvante et sobre, donné raison à votre appel. Mais contrarié, pourtant. La République est-elle donc si affaiblie, et ne l’affaiblit-on pas encore plus en se croyant obligés de mettre en avant des corps constitués qui tentent d’inoculer le blasphème dans les gènes de la République ?

     

    Laïcité, j’écris ton nom,

    sur le front de l’incroyant,

    sur le front du musulman,

    et celui du juif orant,

    sur celui de l’orthodoxe

    ou celui du catholique,

    sur le front de tous ceux dont

    les croyances sont énigmes,

    curiosités pour autrui.

    Sur ton fronton, République,

     

    j’écris ton nom : Laïcité.

    Daniel Mérino


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