• La parenthèse est refermée

    La parenthèse est refermée. Le NPA a choisi. Il retourne aux formules prétextes et aux petits jeux de positionnement formels et autre « mise au pied du mur » qui stérilisent ce courant politique depuis tant de décennies. C’est le retour à la toute petite gauche, moins l’enracinement dans la classe ouvrière traditionnelle qu’ont LO et le POI. La suite est connue d’avance par tout le monde. En juin prochain, après une surenchère d’appels unitaires, qui fonctionneront comme autant de « mise au pied du mur » destinés en réalité à exclure tous ceux qui ne trouvent pas grâce  à leurs yeux, devant le vide qu’ils auront créé, les dirigeants du NPA vont s’accorder sur la candidature à l’élection présidentielle d’Olivier Besancenot. Lui s’y « résignera » pour maintenir en place la majorité du NPA qui ne s’accorde que sur son nom. Pour la troisième fois. Le NPA qui se moque de la personnalisation du Parti de Gauche, n’a bien sûr aucun problème avec une triple personnalisation qui tourne au cache misère. Une fois placée cette troisième candidature sur le manège électoral, il lui faudra attraper le pompon qui offre le tour suivant gratuit. Pas d’autre horizon. Cette farce ne nous concerne pas.

    Nous avons fait tout ce que nous avons pu. Jusqu'à la dernière minute. Sur le terrain, en concluant partout où on pouvait des accords de candidatures communes pour les prochaines. Dix-huit départements sont dans ce cas. Dans les relations entre organisations nous avons fait plus que d’insister, avec une adresse publique au congrès du NPA. Dans la vie courante, au fil des mois, par des dizaines de contacts officieux pour examiner chaque aspect des problèmes posés et suggérer des compromis. Rien n’y a fait. Pire : au congrès du NPA des rapporteurs de la majorité n’ont pas hésité à ressortir la veille artillerie lourde des canons à merde que leurs prédécesseurs reprochaient aux staliniens. Imaginez : la rapporteuse du texte majoritaire avança comme argument contre moi que je n’étais « pas clair » sur le cas de Moubarak ! Avant cela Pierre François Grond, le numéro deux du NPA, que j’ai connu mieux inspiré, déclara dans la presse que de nouvelles divergences étaient apparues. Ce serait cette fois-ci sur la Chine et sur la Wallonie. Pourquoi pas ? Au point où on en est, oui, pourquoi pas ça aussi. Mais au moins que n’y mettent-ils un peu les formes. Où est la ligne officielle du NPA sur ces deux questions cruciales ? Il n’y en a pas, bien sûr. Mais sans doute ces deux graves questions vont-elles être au cœur du programme du NPA, n’est-ce pas ? Pfffft ! Je suis certain que s’ils essayaient d’en parler entre eux le résultat serait encore plus confus que sur la laïcité.

    Rendu à ce niveau de posture à quoi sert de répondre ? On passerait sa vie à sauter à la corde, d’un prétexte à l’autre. Y répondre c’est donner l’impression d’être devenu à son tour un coupeur de cheveu en quatre sans autre perspective de victoire que celles qui s’obtiennent dans ces  obscures joutes entre groupuscules. Sans moi. Mais tout le monde est prévenu : quitter le parti socialiste, rompre avec l’orientation sociale libérale, aller devant les électeurs gagner son siège sous un drapeau indépendant,  se battre pour une coalition de toute l’autre gauche sans exclusive, cela n’est rien aux yeux des docteurs de la vraie foi du NPA ! Ils sont bien au-dessus de ça ! Ils  exigent de nombreux certificats de baptême révolutionnaire avant d’accepter seulement l’idée de ne pas vous insulter quand ils sont en désaccord. Pureté qui s’interrompt, bien sûr, à l’heure de la collecte des signatures pour les élections présidentielles. Mais même dans ce cas, en 2002, ils n’ont jamais dit merci au PS. Mais il est vrai qu’ils ont été bien sages depuis en aidant au maintien de l’ordre à gauche. Le PS devant pour toujours et la LCR au chaud derrière : voilà le rêve ! Car la LCR est toujours là. C’est elle qui tient l’association de financement du NPA. Tout change pour que rien ne change. Air connu. Bon ! L’amertume est mauvaise conseillère. Mais j’avoue que je ne sais plus par quel bout prendre le problème du NPA. Peut-être ne faut-il plus s’en occuper, tout simplement. Mais quand même quel gâchis !

    Jean-Luc Mélenchon


  • Commentaires

    1
    Mardi 15 Février 2011 à 21:43

    ouai...je comprends bien de le texte de JLM. Le congrès était un sacré bourbier qui me laisse un parti sans ligne politique claire et plus que divisé. Je suis assez d'accord avec le dernier paragraphe du texte de JLM. Mais le combat pour une organisation politique pluraliste et surtout respectueuse des convictions de chacun est encore en cours...je ne pense pas qu'il faille que le FG s'attende à une désertion en masse des militants NPA pour rejoindre le FG. Ceux qui partiront ne seront pas si nombreux que ça et surtout, ce sera pour retourner dans leurs pantoufles, dégoutés de la politique, ce qui n'est pas un gain pour le peuple qui souffre. Je pense que le parti va être très affaibli, mais qu'il va continuer d'exister et qu'il faudra continuer de compter sur lui à la gauche du PS. "Refermer la parenthèse" signifie tirer un trait sur tout ce qui a été gagné ces derniers mois, sur tous ces départements ou les camarades du NPA et du FG font cause commune, tous ces endroits ou nous militons ensemble, y compris dans les urnes? Je crois que la création d'un front à gauche du PS, et bien sur indépendant du lui, qui regrouperait des altermondialistes, des libertaires, des communistes, des acteurs du mouvement social défendant à la fois le féminisme, la cause palestinienne, l'écologie, le syndicalimse de combat...et aussi des trotsystes, ben c'est compliqué, c'est long, c'est dur, avec des hauts et des bas. Pour moi, la parenthèse ne se ferme pas, elle s'ouvre sur autre chose, sur un parti avec une direction affaiblie, donc avec une base qui pèse. Un parti qui je crois va devoir remettre à plus tard son casus belli sur la question de voile sous peine de devoir mettre la clef sous la porte ( mais au PG aussi, si vous deviez avoir ce débat, vous vériez qu'il est très compliqué et très passionné). Un parti qui va louvoyer entre repli identitaire sous une candidature Besancenot (ou une autre en écran de fumée) ou un raliement au FG??? Seul l'avenir nous le dira, moi, je continue à me battre de l'intérieur, les rapports de force changent et je crois à un autre monde: LA PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE!!!!

    PS: si t'as le temps, visionne l'intervention d'Adil, de mon comité, lors du congrès, c'est un sacré militant, la base dont le sommet à peur! http://www.npa2009.org/npa-tv/all/all/24505

    2
    Jeudi 17 Février 2011 à 14:33

    Les parenthèses qui se ferment sont celles de tentatives au niveau des directions. Les militants doivent se faire confiance, avoir confiance en eux-mêmes, c'est-à-dire en leur propre capacité à penser et agir par eux-mêmes. Et si cela se fait dans le cadre d'une organisation donnée il est souhaitable de ne pas s'y sentir contraint. Camarade Fred, garde intacte ta détermination. L'autre monde tu es déjà en train de le bâtir toutes les fois que tu sors de ton foyer et que tu arpentes l'arène sociale.

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