• Les paroles en l’air d’Olivier et Benoît

    Eric Coquerel, l'invité du Blog

    Un petit mot rapide sur mon blog que je ne parviens ,hélas, qu’à remplir trop peu souvent. Même si j’avoue goûter à l’exercice, j’attends avec hâte la fin des négociations sur les cantonales dont je m’occupe au PG pour me libérer un peu de temps (plus de 1900 cantons en jeu où l’objectif est de parvenir au maximum d’accord Front de Gauche avec la diversité politique qui va avec… D’ailleurs j’y consacrerai un billet une fois fini, promis…). Mais justement parce que cela parle élections et négociations et que la presse n’a guère relayé le communiqué que nous avons diffusé, je reviens sur les déclarations de Benoit Hamon qui prétendait lundi dernier que nous négocions déjà les législatives avec le PS. Il n’a toujours pas répondu à nos questions : où et quand ont eu lieu ces négociations sur les législatives ? Où en sont-elles ? Il aura bien du mal à nous éclairer puisqu’elles… n’existent pas.

    Il parle de rencontre avec le PS. Donc, soit le porte-parole du PS n’est pas tenu informé de ce que fait sa direction (en l’occurrence le trio Claude Bartolone/Christophe Borgel (respectivement responsables nationaux aux relations unitaires et aux élections) et François Lamy), soit il ment consciemment.

    Car, et ce fut public, nous avons rencontré ce trio socialiste il y a plusieurs semaines pour discuter sénatoriales comme d’ailleurs nous l’avons fait avec Europe Écologie-Les Verts, le PCF et le MRC. Nous considérons en effet que cette élection indirecte n’a rien à voir avec les cantonales ou législatives. Elle est l’équivalent d’un 3ème tour et surtout si on pense utile d’imposer un président de gauche au Sénat (institution que l’on fera disparaitre, en tous cas telle qu’elle est aujourd’hui, si nous gouvernons ce pays, mais c’est une autre histoire), il est normal que nous ayons à la sortie le nombre de sénateurs qui correspondent, nationalement, à la représentativité de nos grands électeurs et de ceux que nous influençons. C’était un premier contact, rien n’a abouti avec quiconque. Ah si ! À cette réunion nous avons aussi parlé cantonales : pour dénoncer les rares accords PS-EE LLV de premier tour, notamment en Essonne et Val de Marne, qui ont pour but de faire perdre des sortants du Front de Gauche alors qu’ailleurs les partis de C. Duflot et  M. Aubry ne s’allient guère y compris contre des sortants de droite. Cela a mis un peu d’ambiance dans la discussion mais nous sommes habitués.

    Si, comme on peut quand même le supposer, le porte-parole du PS est tenu au courant du contenu de ce genre de réunion, alors c’est qu’il fabrique une autre réalité consciemment. Simple coïncidence de temps ? En tous cas, je remarque que cette déclaration survient juste après celles d’Olivier Besancenot et de Pierre-François Grond, porte-parole et « N°2 » du NPA, qui le week-end dernier ont tous deux refusé la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon sous prétexte qu’il a été socialiste et ministre du gouvernement Jospin et que du coup il ne saurait être aujourd’hui indépendant du PS. Sur ce thème – que l’on pourrait résumer ainsi : »social-traitre tu fus, social-traitre tu resteras » – on remarque également les performances d’André Gérin et Maxime Grémetz. Ce procédé du soupçon a un avantage : il prétend s’exonérer de preuves. Ce procédé a un défaut : sans preuve aucune (et les observateurs du PG chercheront vainement trace d’une quelconque dépendance au PS depuis notre création), il renvoie à terme les dénonciateurs à la figure de calomniateurs sectaires. C’est là qu’arrive fort opportunément la « révélation » de Hamon qui donne du grain à moudre à cette thèse puisqu’il insinue qu’au final, en « secret », le PG ne serait pas si indépendant du PS que cela… On exagère ? Peut-être mais on admettra qu’il y a au moins une alliance objective bien comprise contre une candidature qui dérange les rentes et positions établies, qu’elles soient protestataires ou gestionnaires. On peut aussi espérer que ces camarades de valeur reprennent leurs esprits. Que les dirigeants du NPA entament enfin avec nous un vrai débat sur l’urgence toujours plus grande de l’unité de l’Autre gauche et que leader de l’aile gauche du PS s’interroge sur la promotion qu’il aura à faire d’un candidat social-libéral à la Présidentielle. On peut rêver non ? Les Tunisiens nous invitent bien à le faire à l’orée de cette année 2011 !


  • Commentaires

    1
    Lundi 31 Janvier 2011 à 13:01

    Bon, je comprends que tu ne sois pas content de la réaction de Besancenot lorsqu'il dit que Mélanchon ne peut être le candidat de rassemblement des forces anticapitalistes. On a eu ce WE la préparation de notre congrès NPA qui aura lieu dans 10 jours. La question des alliances électorales, qui bien qu'à mon avis ne dois pas monopoliser le débat, a son importance. Et bien sur , la question Mélenchon a été évoquée. Mon avis, qui est très largement partagé au sein de mon parti, et quasi unanime autour de l'Etang, est celui que tu critiques dans ton blog, à savoir que Mélenchon ne peut être le candidat de la gauche radicale. Plusieurs points à charge. D'abord, je ne comprends pas bien votre ligne politique. Dans les déclarations, impossible de gouverner avec le PS....dans les faits, le PG était sur les listes Vauzelle aux régionales! Dans les déclarations, la porte est ouverte à égalité avec le NPA...mais dans les faits, comme par exemple à Vitrolles aux cantonales, le front de gauche ne veut pas du NPA comme partenaire (voir la Provence que je t'ai envoyé). Il y a quelques mois, Mélenchon était favorable pour discuter avec Europe Ecologie mais dans le JDD la semaine dernière, il traite Cohn Bendit de « décomposé » ( je passe sur le style, si vous êtes tous d'accord avec ses façons de parler au PG, pourquoi pas...). Je n'arrive pas bien à vous suivre, et donc je ne sais pas quelle serait votre position dans un an par rapport au candidat PS. Ensuite, Mélenchon est un type que j'ai du mal à cerner sur le plan politique. Ses déclarations sont souvent ambiguës. Sur la présence de la France en Nouvelle Calédonie, les positions que peut prendre un président de la République sur ce qui se passe ne Egypte, sur la scission possible en Belgique ou encore sur la démocratie à Cuba (même moi je suis emmerdé quand on me pare de Cuba)....je ne sais pas si ses déclarations sont celles du FG ou les siennes perso. D'ailleurs, je t'avoue que je vois le PG comme le parti d'un seul homme et m'interroge sur votre démocratie interne. Mélenchon me fait limite peur en fait, je me dis que si il a été capable de se déclarer candidat à la TV sans l'aval de son conseil politique (qui s'est réuni 3 jour après, franchement, il aurait pu attendre un peu...), si il est capable de faire ça à ses militants, qu'est qu'il fera lorsqu'il sera investi à la candidature d'un front de gauche! Dans la 5° république, une fois qu'on est candidat, on ne doit plus rien à ses militants, seule la confiance est de rigueur, et je ne cache pas que ce type ne me fait pas confiance. La démocratie interne à une organisation n'est parfaite nulle part, mais je sais que si Besancenot déclarait à la TV: « je suis candidat à la présidentielle, le conseil politique national validera ma candidature le WE prochain »....je quitterai le NPA. Que penses tu de la proposition suivante: pourquoi la gauche anticapitaliste, PG, PC, NPA, FASE, alternatifs...et pourquoi pas LO, mais aussi toutes celles et ceux qui ont été dans le mouvement social de ce automne, on choisirai pas un candidat qui ne soit ni Mélenchon, ni Besancenot, ni Chassaigne...ni personne issu directement d'une organisation politique? Mais pour ça, faut pas que chacun commence sa campagne dans son coin. Rien ne presse camarade, en 15 mois tout peut changer, le mouvement social est là, les réformes continuent de pleuvoir, on ne peut pas botter en touche le fait qu'il peut y avoir une crise financière de grande ampleur, que le monde arabe peut changer les rapports de forces y compris en France..... Et si on pense fort aux élections, alors regardons les cantonales, ce qui se passe est révélateur des liens entre nous, entre le PC et le PG, entre le PC et le PS, entre le NPA et le FG....et moi, je continue à faire campagne non seulement contre la droite et l'extrème droite, mais aussi contre Guerini et son système antisocial, mafieux et sioniste.

    2
    Jeudi 3 Février 2011 à 21:54

    Le fonctionnement de notre parti ne te plaît, mais sais-tu au moins comment il fonctionne ? Olivier Besancenot a-t-il consulté les membres de son parti lorsque Jean-Luc Mélenchon a fait une adresse au NPA concernant les présidentielles ? Jean-Luc ne s'est pas autoproclamé, il y a eu appel à candidatures au front de gauche où déjà (et pourquoi pas) deux communistes se sont avancés et Jean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature,  annoncée certes à une radio, mais tout en précisant que cette candidature devait être validée (ou invalidée) par le conseil national le lendemain. De plus il n'est pas certain que cette candidature aboutira, rien n'est écrit d'avance. Que veux-tu, à une très grande majorité nous pensons que Jean-Luc Mélenchon est un très bon candidat et à en juger par les réactions de gens qui ne sont pas des encartés comme toi et moi ses idées, donc mes idées et je crois aussi tes idées commencent à faire leur chemin dans les consciences après chacune de ses interventions. Cela ne peut suffire, c'est clair. Personne n'exhorte à mettre l'arme au pied quant aux luttes sociales. Chacun fait ce qu'il peut. Pourquoi serait-il trop tôt pour répandre des propositions de gouvernement dès maintenant, dans quel livre sacré est-ce écrit ? Que tu n'aies pas confiance en l'homme est autre chose, aucun argument rationnel ne peut venir à bout du passionnel. Toutefois, je te conseille de suivre les interventions de Jean-Luc Mélenchon sur toutes les vidéos qui sont, par exemple, sur mon blog et de prêter moins d'attention (bien qu'il ne soit pas inutile de les lire) à ce qu'on dit de Jean-Luc Mélenchon dans la presse. Remettre les mots (soient-ils irrévérencieux) dans leur contexte permet quand même de réfléchir plus sereinement. Tu pourras énumérer tous les points de désaccord que tu voudras avec Jean-Luc Mélenchon si tu ne trouves pas suffisamment de points d'accord pour faire route avec lui, je m'interrogerai sur ta volonté de construire positivement un mouvement résolument pour la rupture et porteur de propositions radicales qui ne soit pas qu'un chapelet d'annonces contre ceci ou contre cela. A supposer qu'un candidat de la gauche radicale ou révolutionnaire fasse 30% au premier tour (on peut rêver n'est-ce pas ?) que doit-il faire au second, sachant qu'il lui reste quinze jours pour convaincre les 20,1% qui lui manquent ? Bien sûr, si on considère que d'ici là la révolution tunisienne aura fait tâche d'huile et aura chassé les oligarques du pays, la question ne se pose pas. Pas sûr, pourtant ! Je ne vois pas en quoi une personne membre d'un parti serait disqualifiée par rapport à une personne non encartée. Pourquoi moi qui ne la connais pas devrais-je lui accorder la confiance que tu n'accordes pas à Jean-Luc Mélenchon que tu prétends connaître et à qui il est fait des procès d'intention ? Personnellement, ma trajectoire a croisé celle de Jean-Luc Mélenchon en ce sens où il est l'homme politique dont la vision du monde est ma vision du monde et les quelques années qui se sont écoulées depuis cette rencontre m'ont conforté dans l'idée que cet homme politique a un rôle historique à jouer. Cela n'en fait pas un homme providentiel. Ce sont les peuples qui font l'histoire mais jusqu'à ce jour je n'ai pas vu de peuples qui ne se reconnaissent le droit de se donner un ou des visages, une ou des voix. Et puis, les hommes passent, les peuples demeurent. Pour la question de Vitrolles, je suis intervenu pour qu'on aille dans le sens d'une candidature commune comme tu le souhaites, malheureusement je constate que cela ne s'est pas fait, dois-je quitter le PG ? J'en reste un adhérent, ne briguant aucun poste et m'efforçant de défendre ce qu'il est en mon pouvoir de défendre, ma vision du monde. Je ne comprends pas ton "il ne faut pas botter en touche" et "rien ne presse", je les trouve, comment dirais-je, doctoraux. 

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