• Leur truc ne marchera pas, le nôtre si.

    Je suis parti trois jours, sans télé, sans radio, sans journaux. J'avais à faire. Pendant ce temps mes amis au congrès de Die Linke à Rostok en Allemagne et d'autres au contre-sommet Europe Amérique latine à Madrid poursuivaient notre harassant agenda militant international sans lequel notre Parti de gauche serait hors de sa mission et de ses devoirs. Sitôt revenu, après plusieurs heures de ballade sans objet dans Paris la splendide et sur la terrasse sublime de l'Institut du Monde arabe, j’ouvre mon blog. Alors, les bras m’en sont tombés des épaules : ma dernière note a été lue plus de trente mille fois et il y a plus de mille commentaires. Signe des temps qui me dépasse. Je dis un mot quand même sur le sujet en fin de note. Mais, surtout, je dis ce que je sens avec ce recul, certes bien petit puisqu’il ne s’agit que de trois jours, mais le premier depuis longtemps. Dites : c’est vraiment la fin d’un monde. Il faut se préparer sérieusement pour la relève. L’affaire va être rude !

    Oui c’est la fin d’un monde. Non seulement il n’y a pas d’autorégulation positive du système financier mais toute tentative pour le secourir ne sert à rien qu’à aggraver son instabilité génétique. La main invisible est une main démente. Ce truc est intrinsèquement irredressable. Je peux dire que ça m’angoisse. Je pense que beaucoup de gens sentent ça comme moi. Ce qui me frappe c’est l’obstination des dingues qui tiennent les manettes de l’opinion et de la décision. En trois jours j’avais oublié l’effet que ça fait de lire leurs contes à dormir debout sur les vertus de l’austérité et leurs martingales puériles sur les soi-disant cercles vertueux du moins d’État, moins de fonctionnaires, moins de service public, et gna gna gna. Au milieu de tous ces stipendiés, je retrouve mes ennemis intimes : les déclinistes. Montés sur le dos des amis de la douleur, à moins que ce soit l’inverse, ils débitent à longueur de colonnes, comme des pianos à musique, leurs insubmersibles certitudes hautaines à l’égard des gens simples qu’ils veulent encore et toujours mener au fouet. «Fainéants», «fonctionnaires», «gaspilleurs», «gréviculteurs» et ainsi de suite, en direct (pour les Grecs et les Espagnols) ou en suggéré (pour les Français qui paient quand même le journal où c’est écrit). Le plus infâme c’est quand ils pleurnichent à l’évocation des « générations futures écrasées par la dette » ce bobard de café du commerce. Les générations futures, c’est clair qu’elles les préoccupent moins quand il s’agit de la diffusion des titres toxiques, des actions des pétroliers qui salopent la mer et pourrissent l’air ou de sortir du nucléaire.

    Les refrains des déclinistes en font une véritable cinquième colonne de temps de guerre de la finance contre les peuples. Le truc du décliniste c’est toujours le même : « la France est en retard ». Toute mauvaise nouvelle est la bienvenue pour ce véritable parti de l’anti-France, les Baverez et consorts, qui insultent ce peuple, pour son bien – cela va de soi – à longueur d’années. En retard ! Toujours en retard le gros nul de Français ! En retard pour la souplesse du marché du travail, en retard pour le passage à l’économie de service, en retard pour encourager le risque et l’entreprise ! En retard pour abroger la carte scolaire, en retard pour développer l’enseignement privé ! En retard pour le classement de Shanghai des universités même si les gens de Shanghai eux-mêmes disent que leur classement ne vaut rien. En retard, c’est le mot pour culpabiliser celui qui ne veut pas passer pour un fainéant et qui a toujours peur déjà d’arriver en retard au boulot ! En retard pour la réforme des retraites qui permettrait pourtant cette grande avancée de civilisation, à laquelle « même les sociaux-démocrates ont travaillé dans toute l’Europe » et  qui ferait travailler les vieillards comme nos arrière- grands-parents en avaient déjà la chance.

    J’en profite pour remercier à nouveau notre bon maitre qui permit à mon arrière-grand-père de rester à la maison à partir de soixante- quinze ans et lui promit de lui « donner de quoi », privilège auquel mes deux grands-pères n’eurent pas accès ayant eu la malice de se soustraire à ces bienfaits en mourant de maladie professionnelle l’un à trente-trois ans, l’autre à cinquante-six comme des tire-au-flanc qu’ils étaient. Je donne ces exemples, moi qui n’aime guère personnaliser les problèmes politiques, pour rappeler aux nigauds qui se laissent endormir par les bobards des puissants quels chemins à rebours ces gens veulent nous faire prendre. De tous les griots du système, le pire est le décliniste ! Car il prétend enchaîner la victime aux intérêts des ses bourreaux par le sentiment de culpabilité qu’il est si facile de faire ressentir à ceux qui triment sans jamais voir le bout d’aucun effort. Et, pire que tout, le décliniste veut faire croire que la France ne peut rien, et donc que le peuple serait impuissant et même en grand danger s’il se soustrayait à la médecine de cheval qui lui est prescrit. Mais je les comprends. Mieux vaut pour eux prévenir que guérir et la meilleure police est celle qu’on installe dans la tête des gens. Sinon gare ! Car la France peut à peu près tout. Y compris dévaliser les dévaliseurs. Organiser un autre partage de l’oxygène disponible. De bon gré, ou de force cela va de soi. En tous cas c’est ce que nous nous ferons le moment venu. Et je pense qu’il viendra plus vite que d’aucuns le croient.

    Passé le dégoût que ces gens m’inspirent, d’un autre côté je ressens aussi l’incroyable énergie que donne le sentiment d’avoir vu juste pendant toutes ces années où le monde du casino triomphait ! L’autre jour Stéphane Bern – mais oui – dans l’émission « le fou du roi » à laquelle je participais, disait que des gens comme moi passaient pour des extraterrestres il y a quelques années et que, à présent, ce que nous disons « va de soi ». Ce genre de franchise n’est pas dans les moyens du commentateur politique traditionnel qui, lui, est trop intelligent pour reconnaître l’ombre d’une erreur d’appréciation au cours des dix dernières années ou même des cinquante dernières qu’il est éditorialiste au « Nouvel Observateur ». Pourtant, comme les choses vont vite ! J’ai même lu Pierre Moscovici, le seul dirigeant du PS qui annonce vraiment la couleur au milieu de cet empire de faux-culs, dire que les riches devraient payer ! Eh ben Pierre ! Ca va pas de faire ton petit Georges Marchais, toi aussi ? Quand je vois ce glissement des mots qui passent d’une bouche à l’autre j’en ressens d’autant plus fortement une immense  gratitude à l’égard de ceux qui ont maintenu la flamme intellectuelle et militante du combat radicalement opposé à ce système pendant les années de la terreur intellectuelle des libéraux et sociaux libéraux. Quels qu’aient pu être leurs éventuels excès et erreurs, je dis bien éventuels, ils ont maintenu la lumière allumée pendant l’interminable décennie des endormeurs et des inquisiteurs.

    Même les riches, crient au loup. Pas leurs griots qui n’ont pas reçu encore leur nouvelles fiches d’éléments de langage et continuent la chanson d’hier. Ceux qui ont le fric. Vraiment. Pas les idéologues payés par des colloques, des croisières explicatives, et ainsi de suite ! Juste les gens qui ne se paient pas de mots. Ceux-là savent que les cures d’austérité ne guériront personne en Europe. Ils savent que les États endettés vont l’être davantage du fait de la récession que ces politiques engendrent. Et donc du point de vue même du système c’est une aberration de traiter le mal par la saignée. Que la dictature des marioles qui parient sur l’effondrement de la Grèce pour encaisser le montant de leurs titres d’assurance va continuer de plus belle et de façon tout à fait raisonnable du point de vue de leurs intérêts. Et que les analystes qui le comprennent sont également parfaitement raisonnables parce que c’est ce qui va se passer vraiment. Et que les premières à se casser la figure vont être les banques gavées de titres que leur propre spéculation ont rendu pourris. Et ainsi de suite. Et ceux-la connaissent la vérité. La voici. La collinette de dettes publiques est là et ce n’est rien à côté de la montagne des dettes privées. Et tout cela ne se purge pas avec des plans d’austérité dont aucun ne pourrait suffire à combler le trou sauf à tenir tout le monde en état d’anémie pendant un siècle. Mais par la dévaluation, l’inflation ou la guerre. Et tout cela peut être évité à condition de lisser le tout dans le temps en faisant ce qu’aucun ne veut faire : prendre dans la grosse caisse de quoi lisser l’effort. Évidemment ça n’exonérera pas du devoir de tout changer au mode de production et d’échange, au contenu de la production et à la grille générale de l’utilité publique des dépenses, mais du moins ça nous épargnerait ce que seuls les fous peuvent vouloir de sang-froid c'est-à-dire la catastrophe. Si mon avis sur le sujet paraît excessif, je vous renvoie à ce débat que j’ai eu avec monsieur Alain Minc  au Forum de Lyon de « Libération ». C’est lui, répondant à un auditeur qui nous interrogeait sur la façon dont se réglerait le problème de la dette, qui déclare : dans l’histoire cette question s’est toujours tranchée par ces deux moyens : l’hyperinflation ou la guerre et parfois les deux à la fois. Pourquoi ne le dit-il plus s’il le pense vraiment ?

    Et celui-là, monsieur Patrick Artus ! Il vote pour moi maintenant ? C’est le directeur des études économiques chez Natixis.  C’est dans  « Le Monde » de dimanche-lundi 17 Mai. Je vous livre seulement la conclusion mais c’est tout l’entretien qu’il faut lire en dépit du titre révulsif « les marchés sont pour une fois raisonnables » qui fait craindre une nouvelle rasade de catéchisme décliniste. À la fin voyons cependant de plus près cette magnifique question sans a priori politique idéologique : « La France n’est pas l’Espagne mais doit aussi réduire son déficit. Le plan Fillon suffira-t-il ? » demande malicieusement Anne Michel. Horreur, que répond cet Artus ? Au fou ! Au Mélenchoniste ! Au Buffetiste ! Au Besancenotiste ! Lisez lentement, c’est suave. « Selon nos calculs, il faudrait qu’en deux ans la France réduise son déficit de 96 milliards d’euros. Le gouvernement assure que la croissance apportera 20 milliards d’euros mais il se fonde  sur une prévision optimiste de 2,5%. S’il faut trouver 96 milliards de réduction de nos déficits structurels ce sera compliqué. Cela représente deux siècles de bouclier fiscal ! On peut toujours comme en Grèce décider de ne plus payer les retraites ni les fonctionnaires. Ce n’est pas efficace. La seule façon de faire  c’est de procéder à une grande réforme fiscale en alignant la taxation des revenus du capital  sur celle du travail. Cela pourrait rapporter 100 milliards d’euros sans dégâts économiques puisque ces revenus sont épargnés ! » Champagne ! Vous voyez les amis ? Encore un effort. Le moment venu on ne manquera pas de monde pour faire le boulot et taper là où il faut taper.

    En tous cas voici ce que devrait faire un gouvernement de Front de gauche, s’il était aux manettes. Premièrement : pas de panique ! En toute hypothèse rendre coup pour coup. Évidemment rien dans le Traité de Lisbonne ne nous interdit, sans violer aucun accord international, de nationaliser les banques non-mutualistes de ce pays. Je parle de celles dont le bilan n’est pas pourri jusqu’à la moelle. Il y a tant de façon de prendre le contrôle de ces petites choses ! En tous cas la formation d’un pôle public financier est la priorité pour prendre le contrôle des flux sanguins de l’économie qui est aujourd’hui dans les mains maladroites d’addicts aux produits toxiques. L’existence d’un tel pôle, par sa puissance et sa solidité nous permettra d’ailleurs en créant le seul rapport de force ordinaire entre malade et bien portant, de créer une vraie ambiance de travail avec le reste de la finance. Il faut tenir compte du fait que dans ce bras-de-fer, si les gros bonnets s’y risquaient, nous aurions aussi une bonne partie des salariés du secteur bancaire de notre côté. Autant dire la bombe atomique ! Deuxièmement au lieu de pleurer notre gouvernement se réjouira de voir que plus l’euro se déprécie et mieux on se portera ! Il faudra saisir la situation comme une opportunité. Car cette dévaluation est largement bienfaisante. Elle abaisse le prix des marchandises que nous produisons en Europe et renchérit celle des voyous délocalisateurs. Jouissance pour les nôtres, punition pour les traîtres : que du bonheur. Je rappelle aux hypocrites qui font mine de s’indigner que l’euro a commencé à 0,80 contre un dollar et que la tactique des États-Unis a été de couler leur monnaie pour rattraper les gains de productivité qu’ils étaient incapables de faire dans un pays où l’investissement privé et l’énergie de la libre entreprise est pour bonne part une fable pour la cléricature libérale européenne. Je rappelle aussi que les Chinois rient au nez de tous ceux qui leur demandent de réévaluer leur monnaie. Mais il est vrai qu’eux n’ont pas encore découvert notre géniale invention qu’est une banque centrale indépendante chargée seulement de la stabilité des prix ! Sacrés Chinois !

    Et voici que s’avancent les comptables d’un soir ! Ils frisent l'apoplexie! On va importer de l’inflation ! Et alors ? L’inflation ronge la rente ! Bravo ! Le fric doit tourner ou crever ! Vu du sol c’est tout bon aussi. Que les marchandises qui  entrent coûtent plus cher, voilà qui est parfait : il s’en consommera moins. Bonne occasion pour relocaliser ! De toutes les façons, à terme, s’il s’en consomme moins leur prix baissera pour la raison que l’Europe reste le premier acheteur premier producteur et première masse monétaire du monde. Bon, voyons un exemple d’inconvénient relatif. Un cercle vertueux : le pétrole plus cher ! Tant mieux ! Ça vaut la taxe carbone pour ralentir le rythme de la consommation de ce truc nuisible, accélérer le travail pour installer des substituts écologiquement viables, dynamiser les programmes d’économies d’énergie. Nécessité fera loi puisque la raison n’y a pas suffi. Si ça va trop loin la marge est dans les taxes qui y sont affectées. Et si besoin, on peut parfaitement rétablir un contrôle des prix sur ce produit hautement spéculatif. Facile comme un décret. De toute façon les récalcitrants n’ont pas le choix. L’essence qui ne serait pas vendue aux français écroulerait les cours et les compagnies hostiles. Sans oublier que la réquisition est légalement possible dans notre pays comme dans tout le reste des autres nations démocratiques car aucune ne peut laisser croire qu’elle laisserait les intérêts privés s’imposer face à l’intérêt général.

    Mais, monsieur Mélenchon combien de temps faudra-t-il pour que ces inconvénients relatifs dont vous vous accommodez si facilement fassent leurs effets ? Et voici ma réponse : un certain temps. Et à mon tour je pose une question : Quand pourra-t-on jouir des effets positifs de vos merveilleuses cures d’austérité dont vous vous accommodez si facilement ? Et je suis obligé de reconnaître que vous, au moins vous le savez parce que vous les avez déjà expérimentées partout dans le monde. Et voici la réponse : jamais. Parce que ça n’a jamais marché. Et il suffit de voir dans quel état sont vos cobayes en Europe de l’Est après que le docteur FMI les a soignés ! Vous êtes au courant ? Voyez les bons élèves lettons et estoniens ! Ah, comme ils ont été encensés pour leurs dirigeants jeunes, tellement jeunes mon cher, sortis des bonnes écoles étasuniennes, initiateurs d’une magnifique économie bâtie sur les dettes privées, l’immobilier facile et tout le business qui a fait aussi la fortune des Irlandais, des Espagnols et de tant d’autres ! On leur a pardonné de voter des retraites aux anciens SS, leur ministre qui participe à des rassemblements d’anciens nazis et toutes ces choses tout à fait secondaires quand il s’agit d’insulter les Russes. Bref, en dépit de tous ces talents, la rigolade n’a pas duré. Les remèdes de tonton FMI ont frappé forts ! L’économie s’est contractée de 25% en Estonie et de 20% en Lettonie ! Bien sûr cela a un coût humain : 22 % de taux de chômage en Estonie et 15,5% en Lettonie ! Salaires et retraites se sont effondrés ! Budget de la Santé rabioté, celui de l’Éducation amputé, tout ça se paiera un jour ou l’autre plus cher que le présent déjà cruel ! Tout ça est horrible ! Pas pour notre chère « Europe qui protège » ! Elle au contraire cite cette purge en exemple. L’Estonie est régulièrement félicitée pour sa prochaine entrée dans « l’euro qui protège ». Imaginez que grâce à ces remèdes la dette publique est seulement de 7% du PIB (60 % autorisés par le pacte de stabilité !) et le déficit budgétaire est limité à 1,7% du PIB (3% autorisés).

    Bien sûr il y a quand même une face cachée. Ce sont les milliards injectés par notre chère « Union qui protège » dans l’économie lilliputienne de l’Estonie. Jusqu'à 8 % de son PIB ! Eh bien ? À quand le rétablissement de la prospérité ? Où s’arrête la potion amère et commence le cercle vertueux ? Malgré toutes ces merveilles et fées bienfaisantes appliquant la torture sans discontinuer, aucun économiste ne prévoit un mieux avant 2015 ! Et  encore : le mieux en question consistera seulement en une situation encore inférieure à celle de 2007 pour la Lettonie et 2006 pour l’Estonie ! Sachant que la crise a éclaté en 2008 cela fera sept ans de malheurs avant de commencer à se retrouver au niveau de brutalité antérieur ! À bon entendeur salut ! Sachant qu’aucune des grandes économies du reste de « l’Europe qui protège », comme celle de la France, de la Grèce de l’Espagne ou de l’Italie ne pourra jamais bénéficier du niveau de transferts européens auquel ces économies naines ont eu droit, la démonstration est faite. Cette politique ne mène nulle part, à aucun horizon rationnel, tout simplement. Dès lors, faute d’efficacité, quelle est la légitimité des politiques d’austérité et de rigueur? « Aucun gouvernement ne devrait accepter des mesures qui l’obligent à saigner son économie pendant une durée indéterminée pour pouvoir se redresser » Ce n’est pas une résolution du secrétariat du Parti de Gauche qui le dit mais le journal « The Guardian » sous la plume de Mark Weisbrot, économiste américain codirecteur du center for économic and policy research, à Washington, que j’ai lu dans le journal peu suspect de gauchisme « Le Courrier International ».

    Juste pour le fourniment en arguments, dans le cas où cela serait nécessaire aux lecteurs de ce blog. Je voudrais signaler la publication de  ma tribune dans « Le Monde » en réplique à Monsieur Peyrelevade et à ses accusations de mensonges, à propos du partage de la richesse dans notre pays, dont il m’accable, moi et mes semblables en hérésie, depuis maintes semaines. Et une interview dans « Libération » à propos des inepties de la Commission Européenne sur le contrôle du budget  des États ! Un nouveau palier de franchi dans les prétentions tyranniques de cette commission avec l’idée de soumettre les budgets aux commissaires avant leur examen par les assemblées des États souverains qui composent l’Union ! Non seulement c’est une monstruosité antidémocratique mais c’est une aberration quand on pense à qui on confiera ce contrôle. Non seulement ils ne sont élus par personne mais en plus, quoi, vous voyez le niveau ?  Un Herman Van Rumpuy décider le budget de la France, lui qui était incapable de s’occuper de celui de la Belgique ? Vous voyez la baronne Ashton obligée d’apprendre où est Paris avant de se prononcer sur le niveau de nos dépenses pour la défense nationale ? Ou un Barroso, viré du Portugal par les électeurs, apprécier le niveau de nos dépenses d’éducation ou de sécurité sociale ? Il est largement temps de clouer le bec de ces illuminés.       

    Je finis sur le niveau de fréquentation de ce blog. D’abord je vais dire que ça me fait très plaisir. Ce n’est pas tout le monde qui a cet honneur. Pour autant, cela ne me donne pas la grosse tête. Je ne pense pas avoir écrit le document du siècle. Juste un papier d’humeur pour participer à maintenir la résistance morale contre les très intelligents qui mènent le monde en général et notre pays en particulier. C’est moins documenté que les propos de mon camarade Jacques Généreux qui est, lui, un guerrier homologué pour la première ligne. Du coup je vois mon blog comme halte utile en chemin pour les nombreuses troupes qui montent au front harceler les blogs, sites et tutti quanti des ennemis du peuple et leur jacassin absurde. Ici on fourbit son matériel et on partage ses  munitions. Bienvenue les amis ! En tous cas, je préfère être franc : les quatre cent premiers commentaires j’en ai lu une bonne partie au pas de charge et à mesure qu’ils arrivaient, avant de partir au vert pendant mes trois jours. Mais les six cent suivants, je n’ose même pas dire que je les ai survolés. Combien de temps me faudrait-il pour reprendre le fil du débat et des informations que tout cela contient ? Pourtant ces commentaires sont une mine. Je pioche moi aussi, d’habitude, là-dedans comme un gourmand. Si je mets de côté quelques personnes que je suis désolé de déranger avec mes notes, compte tenu de la permanence de leurs intemporelles polémiques personnelles, et quelques incorrigibles zazous qui me recollent des kilomètres de prose qu’ils doivent coller partout ailleurs, tout le reste fourmille de raisonnements d’autant plus rigoureux que le premier qui se laisse aller à de l’à-peu-près se fait sévèrement ramasser par les autres ! Donc, je vous invite non seulement à me lire (hum quand même je peux continuer à croire que c’est aussi pour ça qu’on me rend visite, non ?) mais à lire même en vitesse les commentaires. Ne vous laissez pas impressionner par les duels privés que j’accueille aussi. L’œil a vite fait de sauter les lignes quand il le faut, vous le savez aussi bien que moi. Ici: libre fourniture d’arguments et de liens utiles. Merci à tous.
    Jean-Luc Mélenchon

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