• Trois réponses d'Alexis Corbière à des questions pour le journal l'Humanité

    1. La décision de François Hollande de ne pas se représenter à la prochaine élection présidentielle à l’issue d’un premier mandat est un fait inédit. Comment interprétez-vous ce choix ? Que nous dit-il du climat actuel ?


    Le climat actuel est celui des bourrasques qui peuvent autant amener des nuages noirs que nettoyer le ciel pour le beau temps. Malheur à ceux qui compteraient sur une indulgence populaire pour passer entre les gouttes des orages qu’ils ont fait éclater. C’est donc d’abord dans cette colère qui gronde que la décision de François Hollande trouve sa racine. Cette conclusion pitoyable est l’aveu du gigantesque échec de cette majorité jonchée dès le départ de trahison, de lâcheté et d’arrogance. Ce n’est pas nouveau, mais cette fois-ci, le mal est si profond que le monarque présidentiel auquel la Ve République donne tant de pouvoir, n’est même plus en capacité d’être candidat.

    Cette éjection est aussi la marque des trahisons de l’entourage présidentiel de Macron à Valls. Mais ces conspirations sont vaines. L’échec n’est pas que celui d’un homme. Qui peut croire sérieusement que le premier ministre et les ministres qui ont prêté la main à cette faillite peuvent être en capacité de proposer demain autre chose que les mêmes erreurs ? Pas d’amnésie ni amnistie. Tenons nous à distance de ce bilan et de ceux qui le portent sans quoi nous serons balayés avec eux !

    2. Les candidatures se bousculent à gauche tandis que droite et extrême droite présentent respectivement un candidat unique. Face à cette période vécue à la fois comme incertaine, inquiétante et clivée… quelle stratégie et quelles propositions urgentes vous semblent devoir s’imposer ?

    Cette élection est imprévisible. La manière dont vous présentez les choses est discutable. La droite sera divisée : en plus de Fillon, il y aura Dupont-Aignan, et sans doute une candidature centriste incarnée par Bayrou ou Macron qui, lorsqu’on écoute ses discours se situe clairement dans ce champ idéologique.

    Ensuite, la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’entre pas dans le champ de cette « bousculade » de candidatures « à gauche » : nous ne sommes pas concernés par le congrès du PS prévu en janvier.

    Pour éviter un second tour entre la droite et l’extrême droite, il faut parler « grand angle » c’est à dire aux 44,6 millions de citoyens, redonner goût à l’action civique et faire reculer l’abstention populaire. Il faut convaincre sur nos idées et non s’effacer derrière celles des autres. C’est la  condition pour rassembler une majorité de notre peuple. Or nous ne pouvons mener cette tâche avec ceux qui sont responsables des politiques désastreuses et qui ont semé dégout et résignation. Il faut proposer un autre chemin. Derrière un candidat PS la défaite est certaine, alors que la victoire est possible avec Mélenchon. Assez de pessimisme : faisons le choix de la victoire !

    3. La thèse de deux gauches irréconciliables est relancée à l’orée de ce scrutin. On parle d’un divorce qui ne date pas d'hier. Sur quoi est-il fondé ? Est-il, par ailleurs, irrévocable ?

    Et si l’on sortait de cette latéralisation abstraite et des slogans convenus ? Méfions-nous des faux unitaires qui sont souvent les vrais diviseurs. L’hypocrisie et les fausses réconciliations qu’ils proposent feront fuir des millions de concitoyens excédés par les combines, les rabibochages sans consistance, les stratégies à géométrie variable d’une élection à l’autre. Aucune dynamique propulsive et conquérante n’en sortirait. Aucun espoir non plus.

    Pour 2017, une chose est irrévocable : la chute de la présidence Hollande et des protagonistes qui ont gouverné avec lui. Les idées que nous portons ne doivent pas être assimilées à cette faillite. C’est la condition pour qu’elles puissent convaincre demain une majorité de notre peuple.

    Une oligarchie financière détient le pouvoir contre le peuple. Son influence néfaste est très perceptible dans les programmes de droite, mais également au sein du PS et du bilan de MM. Hollande et Valls. C’est elle qu’il faut affronter où qu’elle se loge. Pour cela il faut mettre à bas la Ve République et passer à une VIe République par la convocation d’une Assemblée Constituante. Il faut également libérer notre pays des Traités européens antidémocratiques, abroger la loi El Khomri, mettre en œuvre un autre partage des richesses, augmenter les salaires à commencer par le SMIC, engager la planification écologique et viser 100% d’énergies renouvelables. Etc. Voilà notre programme « L’Avenir en commun » et ses 350 propositions, irréconciliables avec l’oligarchie. C’est cela que porte la France insoumise avec JL Mélenchon à la présidentielle et ses  candidats aux élections législatives. Bienvenue à tous ceux qui sont d’accord pour mener les tâches essentielles avec nous.


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