• « Une majorité alternative peut émerger »

    Pierre Jacquemain pour Regards.fr

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    Le Parti de gauche (PG) tient son congrès du 22 au 24 mars 2013. Lors de son conseil national de décembre dernier, le PG a adopté sa « plateforme de synthèse » fixant ainsi les grands axes du débat pour son 3ème congrès. Entretien avec Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche.


    Regards.fr. Comment appréhendez-vous ce 3ème congrès du Parti de gauche ?

    Eric Coquerel. C’est un congrès majeur. Le parti de gauche est passé de 4 000 militants à 12 000 aujourd’hui. Le parti n’est donc plus tout à fait le même. Il s’est profondément renouvelé. On pourrait parler de congrès fondateur. Il y a eu beaucoup de débats, de discussions et d’amendements qui ont précédé l’organisation de ce congrès. C’est un grand moment d’éducation populaire. Et c’est très encourageant. C’est le congrès d’un parti creuset pour qui le socialisme, la république et l’écologie restent les piliers mais aussi d’un parti tourné vers l’action.

    Quels sont les enjeux du congrès ?

    Ils sont de trois ordres. Il y a d’abord la définition de notre projet. C’est l’écosocialisme, mélange d’un socialisme débarrassé du productivisme et d’une écologie anticapitaliste. Ensuite il y a la question de l’autonomie. Elle est centrale. Il faut affirmer et assumer notre indépendance vis-à-vis des politiques social-libérales et donc vis-à-vis du gouvernement. Et puis enfin il y a la question de la stratégie ou comment construire une majorité alternative pour accéder aux responsabilités. Nous devons nous poser la question de la prise du pouvoir. Il faut aller vers un Front du peuple.

    Quelles sont vos relations avec les autres partis de gauche ?

    Le parti socialiste mis à part, nous discutons et travaillons avec chacun d’entre eux. Ce qui nous intéresse c’est de savoir quelle va être l’attitude des partis de gauche sur l’accord « made in Medef » compétitivité-emploi. Le vote de ce texte est aussi structurant que le vote sur le TSCG. Cet accord est dramatique. Notre congrès a lieu quelques jours avant le débat au Parlement. Nous allons interpeller les députés. Les parlementaires EELV-Les Verts et de la gauche du PS se montrent très critiques pour le moment. Mais comment voteront-ils ? C’est par ce type d’acte que peut commencer à se discerner une future majorité alternative de gauche.

    Comment voyez-vous l’avenir du Front de gauche ?

    Son avenir se joue principalement à travers l’affirmation de son autonomie. À ce titre, les échéances électorales de 2014 sont cruciales. Soyons cohérents jusqu’au bout : on ne peut pas aujourd’hui dénoncer la politique du gouvernement socialiste, ses politiques d’austérité etc. et partir main dans la main aux municipales avec le PS dans les villes qui auront une portée nationale. D’autant que dans un an le bilan du gouvernement sera encore plus inassumable. Les listes autonomes de premier tour, possiblement rassembleuses mais sur un contenu clairement en rupture avec la politique d’austérité, nous permettront de gagner en lisibilité. Mais aussi en crédibilité.

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