Blog de Daniel Mérino - Martigues, Bouches du Rhône
Les Bastille tombées, la Commune de Paris, le droit à la retraite après avoir sué de la plus-value durant quarante années, l’augmentation du Smic, tout ça bon à jeter aux chiens du capital et aux calculettes éditorialistes ! Est-il devenu si Julliard, Cohn-Bendit, qu’il puisse sans sourire susurrer mardi dernier au Monde que «la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon fait bien l’affaire du président sortant» ?
Mais pour qui nous prennent-ils, eux qui simultanément nous qualifient de «rêveurs» et ne nous prêtent d’autre ambition électorale que de finir «troisième homme» ? Ignorent-ils que, si nous savons construire des châteaux en Espagne, nous savons aussi y identifier une crise, qu’elle est plus devant nous que derrière, et que, pour nous y confronter, nous savons compter «le coût du malheur aussi bien que le prix du bonheur», pour citer le candidat du Front de gauche ? Quelle foi ont-ils en leur propre démocratie, et quelle ambition, tous ceux qui nous soufflent à l’oreille que, «tant qu’à voter Hollande au second tour, pourquoi ne pas le faire dès le premier» ? Nous en croisons tous les jours, auxquels sans cesse il faut redire que, en votant en 2002 pour Lionel Jospin dès le premier tour, nous n’avons pas cherché, dans sa défaite du second, d’autre responsable que lui-même.
C’est pourquoi nous voterons le 22 pour le Front de gauche, en sachant que, si nous devions nous résoudre à passer par le vote Hollande au second tour de mai, nous le ferions sans états d’âme, parce que notre détestation de Nicolas Sarkozy et de tout ce qu’il représente est sans pareille - et supérieure, sans aucun doute - à celle de tous nos raisonnables donneurs de leçons de pragmatisme électoral. Nous le ferions sans illusions ni excessif enthousiasme, bien conscients de la rigueur et de l’austérité que le libéralisme du PS nous prépare. Ainsi, avant de nous confronter au chantier législatif, finirions-nous le boulot présidentiel dont l’essentiel aura été fait, qui consista à nous permettre de voter librement en mettant de façon décisive la Pen hors-jeu.
En ce sens, Charlie, la raison définitive pourquoi Hollande ne pourra faire perdre Mélenchon, c’est que Mélenchon a déjà gagné.
(1) Ô, l’écœurante complaisance de la gent médiatique vis-à-vis de Philippe Poutou! Quand le châtiau reçoit Jacquou le Croquant… Reste que, sous des apparences bonasses, le candidat du NPA, pour justifier sa non-participation au Front de Gauche, argue que Mélenchon sera d’un gouvernement Hollande, il ment effrontément, et il le sait. Les médias y auront gagné un «bon client», et la cause unitaire perdu encore un peu de temps.
Cette chronique reviendra après le premier tour de la présidentielle.
Par PIERRE MARCELLE