Blog de Daniel Mérino - Martigues, Bouches du Rhône
Le cœur de l'affaire Proglio, c'est cet effacement de l'intérêt général. Un service public historique est placé sous la direction du patron d'une entreprise privée concurrente. La soumission d'EDF aux intérêts privés commence dès l'embauche. Au mépris même de l'efficacité du service public. Rappelons que l'an dernier, les lignes frappées par la tempête ont pu être réparées en quelques jours grâce au travail bénévole d'électriciens retraités. EDF peut-elle susciter ce dévouement au bien public tout en payant son président en référence aux pratiques des grandes entreprises capitalistes ?
Dès lors notre combat ne peut se résumer à la défense de l'État. Il est avant tout celui de l'intérêt général. Pour des républicains, cela va de soi. Pour les sociaux-démocrates, ce n'est pas le cas. Car ceux-ci sont assez largement indifférents à la nature politique de l'État et donc aux moyens d'assurer la souveraineté populaire : institutions, implication populaire, méthode de gouvernement... Le PS a d'ailleurs une difficulté à caractériser la politique de Sarkozy : ultra-libéralisme ou recentralisation ? Or la cohérence des réformes sarkozystes est la remise en cause à tous les niveaux de l'intérêt général et la soumission de tous les pouvoirs aux intérêts de l'oligarchie. Une exigence en découle, en France comme en Amérique Latine. Une révolution démocratique.